MAX ET LES MAXIMONSTRES

Après ses incroyables longs métrages Dans la peau de John Malkovich , Adaptation et sa ribambelle de clips farfelus (notamment pour Björk, les Chemical Brothers ou encore Fatboy Slim), Spike Jonze est revenu à la fin de l’année 2009 avec le très attendu Max et les Maximontres (Where the Wild Things Are en anglais). Après des dates de sortie maintes fois repoussées, le nouveau chef d’œuvre Jonzesque est sorti le 16 décembre dernier. On retrouve dans ce film la touche loufoque et rêveuse de l’auteur, touche que persistent à apporter le trio d’amis réalisateurs Jonze, Gondry et Kaufman. A travers ce film, Jonze revisite le livre de Maurice Sendak, lu par des générations d’enfants à travers le monde.
L’histoire est assez simple : Max, un jeune garçon hyperactif, s’échappe de chez lui après une dispute avec sa mère. Il prend une barque et arrive sur l’île des Maximonstres, un endroit où règnent la tristesse et le déséquilibre. Les habitants de l’île désignent l’enfant comme Roi. Dès lors, ce dernier va se rendre compte de la difficulté qu’est le pouvoir, qu’il est compliqué de satisfaire la majorité et que le bonheur ne peut être apporté par un être dominant mais qu’il se doit d’être construit par chacun.

A travers une réalisation qui s’épanouit dans le mouvement et dans le détail (des détails toujours aussi lyriques), Jonze s’adresse de manière intelligente à l’enfance et à l’enfance qui a grandi. La photo, signée Lance Acord, propose une lumière terne et langoureuse, à l’image du propos.
Toujours juste, jamais trop enfantin, le film déballe toute la fraîcheur mélangée au chagrin que ressent la jeunesse, la capacité d’imagination qu’elle a en elle et l’insouciance qu’elle devrait garder. On s’émeut devant l’amour d’une mère, on rit devant l’innocence des monstres et on regrette de ne pas avoir dix ans comme Max. Comme Jonze.
Jérome Casanova